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CréaFest 2027 : sujet officiel de création

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Le Hérisson et le Papillon

Depuis quelque temps, le petit hérisson marchait plus… lentement, tête basse.

Chaque soir, dès que s’éteignaient les dernières lueurs du jour, il quittait son abri. Il connaissait ces chemins par cœur : les racines qui soulèvent la terre, les passages étroits entre les herbes, les pierres qui gardent parfois, jusqu’à tard dans la nuit, un peu de la chaleur du jour d’avant.

Autrefois, il aimait ces longues marches.
À présent, chaque pas lui coûtait.

Rien, pourtant, ne pesait sur son dos. Aucune charge qu’on aurait pu nommer, aucun caillou, aucune écorce, rien que l’on aurait pu ôter d’un geste. Et malgré cela, il avançait courbé, comme si un froid s’était logé quelque part en lui, et alourdissait son cœur, son corps, jusqu’à ses pensées, bien plus que n’auraient pu porter d’aussi petites pattes.

Parfois il s’arrêtait au milieu du chemin, et se repliait sur lui-même.
Personne ne le menaçait pourtant, aucun bruit ne l’avait effrayé.
Il restait là, simplement, roulé en boule dans la nuit.
Puis au bout d’un moment, il reprenait sa route.

Ces derniers jours, à l’heure où le ciel commence à perdre son obscurité, un papillon apparaissait.

Le hérisson l’avait aperçu une première fois entre deux hautes herbes. Le lendemain, il l’avait revu près des fleurs sauvages. Le matin suivant, encore.

Le papillon virevoltait autour du chemin, jamais très loin, jamais assez près pour que l’on pût vraiment le regarder.

Et chaque fois, le jour finissait par se lever, le hérisson regagnait son abri, et le papillon disparaissait dans la lumière.

Cette nuit-là fut plus longue que les autres. Le hérisson avait marché sans presque relever la tête.
Quand l’obscurité commença enfin à pâlir, il s’arrêta près d’un buisson.

L’aube venait, tout doucement. La terre humide exhalait son odeur, quelques feuilles frémissaient sous la brise, et au loin un oiseau lança une première note, bientôt suivie d’une autre.

Le hérisson ferma les yeux un instant. C’est alors que, tout près de lui, quelque chose effleura doucement l’air : le papillon.

L’insecte délicat décrivit un cercle au-dessus des herbes, puis un second. Le hérisson ne bougea pas. Cette fois, le papillon ne s’éloigna pas : il descendit lentement, et vint se poser devant lui.

Pendant un long moment, aucun des deux ne bougea. La nuit était encore là, quelque part entre les arbres, tandis que le jour commençait déjà à éclairer les ailes du papillon.

Elles s’ouvrirent, se refermèrent, et s’ouvrirent encore.
Le hérisson regardait leurs couleurs naître dans la lumière.

Il ignorait pourquoi mais il eut soudain l’impression que le papillon attendait quelque chose de lui, semblait l’attendre, lui.

Alors il baissa les yeux et, avec une lenteur infinie, porta ses deux petites pattes contre son cœur, et resta ainsi.

Il pensa très fort à ce qu’il ne pouvait pas dire, à ce qu’il ne savait plus comment porter, à ce qu’il aurait voulu garder malgré tout, ou laisser partir.

Le papillon demeura immobile, puis ses ailes frémirent en un seul battement ; un battement si léger que l’air sembla à peine s’en apercevoir.

Et pourtant, quelque chose venait de passer entre eux.

Le hérisson ouvrit les yeux. Le papillon s’envola, monta au-dessus des herbes, traversa un rayon de soleil, et poursuivit son chemin vers le ciel clair du matin.

Le hérisson le regarda s’éloigner. Il ignorait où il allait, il ignorait ce qu’il emportait avec lui, et n’essaya pas de le savoir.

Quand le papillon ne fut plus qu’un point dans la lumière, le hérisson resta encore un moment sans bouger.

Puis il inspira. Une odeur de fleurs lui parvint alors. Il releva un peu la tête et, devant lui, le monde lui semblait plus vaste qu’au début de la nuit.

Il respira encore, et son dos se redressa doucement ; il étira une patte, puis l’autre.

Entre les herbes, un chemin se dessinait dans la lumière. Le hérisson le connaissait peut-être déjà, ou peut-être ne l’avait-il jamais vraiment regardé.

Il fit un pas, puis un autre. Ses petites pattes hésitèrent encore, avant de retrouver leur assurance.

Où ce chemin le mènerait-il ? Il l’ignorait. Il savait seulement qu’il avait retrouvé l’envie d’avancer.

Et vous, si un jour ce papillon venait à votre rencontre ?